Que voilà un beau livre ! Celui-ci a été réalisé à partir d’une histoire vraie, celle d’Anne-France Dautheville, qui a été la première femme à faire le tour du monde à moto dans les années ‘70 ! Cet album inspirant a été écrit par Amy Novesky, illustré par Julie Morstad et traduit de l’anglais par Fanny Britt.

La fille à moto vit à Paris. Elle rêve d’explorer le monde et d’écrire. C’est au Canada que commence son aventure, qui se poursuit en Inde, en Afghanistan et bien au-delà. Malgré les ennuis qu’elle rencontre, la fille se relève et enfourche sa moto pour continuer ses pérégrinations. Elle rentre à Paris contente : son passeport est tapissé de tampons colorés. Et son cœur déborde de gratitude pour toutes les choses qu’elle a apprises et les merveilleuses rencontres qui ont ponctué sa route.

Cet album fabuleux parvient à faire ressortir la solitude de cette vie de nomade et les défis qu’elle sous-tend — surtout pour une fille. Ce livre est également imprégné de la joie que procurent les rencontres fabuleuses et des moments magiques qui rythment les voyages. Car, malgré toutes les embûches que vit la fille, c’est la beauté et la bonté du monde qui sont célébrées dans cet album.

J’ai particulièrement aimé les retours fréquents sur l’absence de la peur et sur le sentiment de liberté de la protagoniste. Auriez-vous le courage de vous retrouver seul pour admirer les volutes des aurores boréales, entouré d’épinettes géantes, avec pour seul abri une tente en toile ? Pas moi. Mais comme j’aurais aimé avoir cette trempe !

Côté illustrations, je suis tombée en amour avec le style de Julie Morstad. La page couverture est flamboyante, avec son ciel rose fuchsia et son soleil jaune bouton d’or. J’aime les contrastes, et cet album me comble de ce côté. On peut d’ailleurs acheter une reproduction de cette page couverture sur le site de l’illustratrice : https://juliemorstad.bigcartel.com/.

Dans un style épuré aux couleurs chaudes qui n’est pas sans rappeler les marchés d’épices indiens, Julie Morstad parvient à nous faire passer du brouhaha de la foule à la solitude de la motocycliste qui file droit devant, avec l’infinité de la route pour seul point de repère. Elle nous fait vibrer en nous montrant la splendeur des paysages et la force qui s’en dégage, en même temps qu’elle nous fait ressentir la fragilité de la fille dans sa tente en toile dressée à l’orée d’une forêt de conifères.

Bien sûr, La fille à moto peut servir de base pour ouvrir la discussion à propos de toutes ces femmes qui ont accompli des exploits et dont on n’entend peu ou pas parler et des attentes de genre : une fille ne peut pas se débrouiller seule ; une fille ne peut pas faire ceci ou cela…

Ce livre peut également nous montrer à quel point le monde a changé. Qui aurait envie d’aller à Kaboul, aujourd’hui ?

Cette lecture peut aussi nous inciter à aborder le sujet de nos peurs, celles qui nous ont empêchés ou nous empêchent encore d’avancer ou de nous dépasser. Qu’est-ce que je n’ai pas fait parce que… ? Qu’est-ce que j’aurais fait si… ? Qu’est-ce que je pourrais faire pour vaincre mes craintes ou les atténuer ?

La fille à moto : un album merveilleux qui valorise la poursuite de nos rêves, le courage et la liberté.

Merci aux Éditions de La Pastèque pour le service de presse !