En ce vendredi féérique de neige, je vous parle du premier écrit jeunesse de Suzanne Aubry : « Le septième étage et demi ». Le texte est accompagné des magnifiques illustrations de Delphie Côté-Lacroix. Ce très beau roman illustré, qui aborde le deuil, l’amour et la résilience, est paru le 25 janvier dernier chez Québec Amérique. Cette histoire est inspirée d’un fait vécu qui a touché de près Suzanne Aubry.
Imaginez : vous avez 13 ans. Votre mère est très malade ; et c’est Loulou, sa sœur jumelle identique, qui vous accueille chez elle. Puis votre mère meurt… Tous les jours, vous vivez avec le fantôme de celle-ci à vos côtés. Comme toute cette expérience doit être à la fois étrange et bouleversante… C’est sans doute ce sentiment d’étrangeté qui a inspiré le titre de cette histoire sur le deuil, qui rappelle bien sûr le très célèbre film : « Being John Malkovitch » (1999).
Le monde de Camille a donc basculé le jour où la nouvelle est tombée : sa maman souffre de leucémie. Plutôt que de partager son chagrin, Camille choisit de se taire, de se rouler en petite boule sur elle-même. À l’école, elle se fait harceler : « Ta mère va mourir… » « Où est ton père ? » « Tu vas devenir orpheline. ». Heureusement, elle fait la rencontre d’Azadeh, avec qui elle se sent beaucoup d’affinités. Camille passe aussi plusieurs heures à gratter sa guitare : la musique l’aide à supporter ces épreuves. Et puis il y a Loulou, sa tante, et Pablo, qui prennent soin d’elle.
Cette histoire est racontée avec beaucoup de tact et de délicatesse. La gamme des émotions vécues par Camille et par sa tante Loulou nous permet de bien mesurer l’impact de la maladie ou de la mort d’un proche sur l’entourage. J’y ai repéré de petits clins d’œil à d’autres œuvres : celles de Boris Cyrulnik, d’Alfred de Musset et de Lewis Carroll, notamment. On y retrouve quelques définitions de mots ou d’expressions peu courantes : « Qu’est-ce que ça veut dire, avoir le cafard ? » « Ça veut dire que je me sens triste. » Enfin, j’ai noté quelques belles phrases remplies de sagesse qu’il est bon de se rappeler : « Être heureux, c’est une décision qu’on prend chaque jour. »
J’ai beaucoup aimé ce livre. Beaucoup. Parce qu’il est beau, touchant et nécessaire. Et parce qu’il ouvre la porte à tellement de conversations intéressantes !
Merci à Québec Amérique pour le service de presse !