Je vous présente aujourd’hui « Je suis écolo ! ». Cet album documentaire a été écrit par l’auteure et éditrice Angèle Delaunois, et illustré par Philippe Béha. Il énumère les petits gestes que l’enfant et l’adulte, bien sûr, doivent poser au quotidien pour contribuer à la sauvegarde de notre environnement. Il permet d’éveiller les consciences, celle des petits comme celle des grands.

Les livres sur l’éducation relative à l’environnement se multiplient, et pour cause. J’ai assisté dernièrement à un séminaire universitaire sur la meilleure façon d’aborder avec les enfants la question du réchauffement climatique. Comment s’y prendre, surtout, pour ne pas les rendre trop anxieux ? Je dis bien « trop » anxieux, car je vois mal comment évacuer totalement l’anxiété avec cette menace qui pèse. Il ressort de ce séminaire et de mes diverses lectures sur le sujet que le meilleur moyen pour combattre l’écoanxiété consiste à passer à l’action.

En parcourant le livre d’Angèle Delaunois, j’ai réalisé qu’en voulant éduquer les enfants en matière d’écologie environnementale, on convie au passage les adultes à prendre part à cette cause, simplement parce que ce sont les adultes qui doivent faire la lecture aux petits. Implicitement, on les invite à donner l’exemple. Il ne suffit pas d’énumérer aux enfants les petits gestes bénéfiques à poser au quotidien ; il faut les appliquer.

Être écolo, ce n’est pas seulement faire du compost, du recyclage ou éteindre la lumière en sortant d’une pièce. Ce serait trop facile. Pour préserver l’environnement, on doit réduire son empreinte écologique autant que faire se peut. Il nous faut prioritairement réduire notre consommation, et ce, dans toutes les sphères de nos vies. Tout ce qui est fabriqué industriellement requiert de l’énergie, fossile ou autre, et pollue.

Mais revenons-en à « Je suis écolo ! ». Ce livre présente de judicieux conseils qui vont au-delà de faire son compost, sans l’exclure, évidemment. Des conseils comme celui de ne pas acheter tout en neuf à la rentrée des classes ; de prendre une courte douche au lieu d’un bain — au passage, j’ai bien aimé cette remarque : « ce n’est pas une catastrophe nationale si on saute une journée » ; de donner les vêtements que l’on ne porte plus au suivant et même de faire des échanges de vêtements entre amis ; de se servir de petites portions pour ne pas gaspiller la nourriture ou de réparer les objets qui se cassent. Le texte est accompagné d’illustrations colorées et amusantes, qui véhiculent l’espoir. J’adore le style de Béha.

Enfin, plusieurs activités peuvent être élaborées à partir de cet album. On peut, par exemple, dresser sa propre liste de gestes à poser. Mais pour y arriver, on doit d’abord se questionner. Est-on obligés de laver son pyjama chaque fois qu’on le porte ? Est-on obligés de posséder autant de vêtements ? Le port d’un costume d’écolier ne serait-il pas une bonne idée ? Pourquoi ne pas visiter les friperies plus souvent ? Qu’est-ce que ça apporte de posséder le modèle le plus récent de cellulaire ou un plus grand écran de télévision ? Devrait-on mettre un trait sur les voyages en avion ? Devrait-on bannir notre consommation de viande rouge ? Dans quelle mesure les produits laitiers contribuent-ils à la pollution ? Il y a tant et tant d’autres petits gestes à poser pour aider la planète à se refaire une beauté.

Je vous recommande sans hésiter « Je suis écolo ». Et surtout, pas question de le ranger dans la bibliothèque une fois lu. Non. Il faut le rendre accessible. Moi, je le laisse traîner sur la table du salon.